Richard Casquette : “Rafael, crois-moi, la défaite faut pas t’en faire”
Rafael Mempamal, expulsé au premier tour du tournoi de Rome par Jean-Carlos Rocher, ne cache pas sa déception au micro de Melson Moinfort. Notre journaliste international, toujours positionné aux endroits les plus stratégiques, croise par hasard le chemin tortueux de Richard Casquette lors de l’interview. De retour d’un match de foot (perdu) sur playstation contre Jo Jo Tsoin-Tsoin, le numéro 9 à l’ATPouet tente de réconforter l’Espagnol. La défaite, il connaît bien.
Rafael Mempamal : Auyourd’hui yai perdu parce que yavé des ampoules au pied et yé souffert. Yé me souis fais soigner mais aïe, aïe, aïe, ça faisait mal.
Richard Casquette : Non mais Rafael je voulais juste te dire qu’il fallait pas t’en faire. Tu sais moi des excuses j’en ai trouvé pour justifier n’importe quoi. Le coup des ampoules, je l’ai fait plein de fois. Aux pieds, aux mains. Partout. Attention quand même. Au bout d’un moment, faut changer. Dernièrement, j’ai innové. J’ai fait le coup du SMS. Plutôt que de m’emmerder à rentrer sur le terrain pour dire aux journalistes, que si j’ai perdu c’est la faute au caillou coincé sous la semelle de ma chaussure, je me suis arrangé pour passer inaperçu, le nez dans mon portable. Ils m’ont foutu la paix tout le week-end. Bon, sauf qu’après, quand la fédé est tombée sur la note de téléphone, je m’suis fait engueuler. Les médias m’ont démonté. Ils ont écrit que j’étais pas concerné par les matches de Coupe Davis. Mais tu sais Rafael, ce qui me fait marrer, c’est que tous les gens attendent de moi que je perce sans que personne ne se soit encore rendu compte que le tennis, j’en ai vraiment rien à faire.
Rafael Mempamal : Oui mais Richard, moi ye veux gagner des titres. Ye veux remporter Roland-Garros, ye veux devenir numéro un, ye veux réussir un your un Grand Chelem.
Meslon Moinfort : Richard, Rafael a raison. Seriez-vous si défaitiste que cela ?
Richard Casquette : A un moment faut se rendre à l’évidence. Moi aussi quand j’étais petit je voulais faire le Grand Chelem, je voulais être le numéro 1. Mais à l’époque, j’avais la tête qui dépassait de la casquette. J’t’avais un melon ! Alors qu’aujourd’hui, le melon, je me l’emballe dans du cellophane, je me le range dans un coin du sac et entre deux textos pendant que les autres jouent, je me dévore une petite tranche.
Melson Moinfort : Richard rassurez-nous, que diable. Vous allez faire un grand Roland-Garros ?
Richard Casquette : A Roland ? Je crois que je vais faire mon meilleur coup de l’année. J’ai trouvé une nouvelle option d’enfer sur mon portable. C’est le MMS. Vous savez le truc pour prendre les photos. Ca va bien m’occuper deux semaines. Y a tellement de beaux mecs à photographier dans les vestiaires. Je vais me faire un book après.
Melson Moinfort : Et au niveau des matches de tennis ?
Richard Casquette : Je pense que la meilleure tactique sera d’utiliser la crise hémorroïdaire. Les journalistes, y vont quand même pas te suivre aux chiottes pour voir si ton caca est pas normal. Avec la chaleur du mois de mai, les bonnes glaces de Roland Garros, ça me paraît envisageable. Surtout qu’ensuite, je me barre en Angleterre pour la saison sur gazon. Autant dire que bibi il va pas se marrer là-bas. Il a des points à défendre. L’an dernier ché pas si c’était l’herbe, mais j’étais bien. Pour cette année, je m’en fous. A Wimbledon, j’aurai déjà reçu le dernier téléphone Mokia que j’ai commandé. Il paraît que dessus, on va pouvoir télécharger une simulation de tennis, qui va révolutionner le monde de la téléphonie. Ma place en tribune présidentielle est déjà réservée. Les Rosbeefs sont prévenus. Je leur ai dit : « au plus tard deux jours après mon entrée en lice dans le tournoi. »
Propos recueillis par Melson Moinfort
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